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Deficit foncier sans revenus locatifs : est-il possible de créer un deficit foncier sans revenus locatifs et quels impacts fiscaux

Deficit foncier sans revenus locatifs : est-il possible de créer un deficit foncier sans revenus locatifs et quels impacts fiscaux

Deficit foncier sans revenus locatifs : est-il possible de créer un deficit foncier sans revenus locatifs et quels impacts fiscaux

Peut-on vraiment créer un déficit foncier sans percevoir un seul euro de loyer ? Si vous avez un bien en travaux, vacant, ou fraîchement hérité, la question est loin d’être théorique. Et la réponse fiscale… n’est pas aussi intuitive qu’on pourrait le croire.

Dans cet article, on va démêler ensemble ce qui est possible, ce qui ne l’est pas, et surtout, ce qui est fiscalement risqué. Objectif : vous éviter de “jouer” avec le déficit foncier sans maîtriser les règles, et sécuriser au maximum vos choix.

Rappel : qu’est-ce que le déficit foncier, exactement ?

Le déficit foncier apparaît lorsque les charges déductibles liées à un bien loué nu (non meublé) dépassent les loyers encaissés dans l’année. On est dans le régime des revenus fonciers, pas dans celui de la location meublée (qui relève des BIC).

Parmi les charges qui peuvent créer un déficit foncier, on retrouve notamment :

Le mécanisme fiscal est double :

Ce régime est donc particulièrement intéressant pour les investisseurs qui ont beaucoup de travaux… mais encore faut-il que l’administration accepte l’existence même du déficit.

Peut-on créer un déficit foncier sans aucun revenu locatif ?

C’est ici que les choses se corsent. Le déficit foncier est, par nature, lié à une activité de location nue. Si vous ne percevez aucun loyer, l’administration se pose une question très simple : ce bien est-il réellement destiné à la location ?

Le principe posé par la doctrine fiscale est le suivant : les charges ne sont déductibles que si le bien est :

Autrement dit, vous pouvez déduire des charges (et donc éventuellement créer un déficit foncier) même en l’absence de loyers, mais uniquement si vous démontrez une intention sérieuse de louer. Sinon, les dépenses seront réintégrées, voire requalifiées.

Voyons les situations concrètes.

Cas 1 : le bien est en travaux avant sa première mise en location

Scénario très fréquent : vous achetez un appartement à rénover avant de le louer. Pendant un an, vous payez :

Vous ne percevez aucun loyer cette année-là. Pour autant, ces dépenses peuvent, dans de nombreux cas, être considérées comme des charges foncières déductibles, à condition :

Quelques éléments qui renforcent votre dossier en cas de contrôle :

Dans cette configuration, vous pouvez donc avoir des charges, aucun loyer, et malgré tout un déficit foncier. Mais attention : pour que la part du déficit imputable sur votre revenu global (jusqu’à 10 700 €) soit sécurisée, l’administration exige en pratique que le bien soit loué sans interruption significative pendant au moins 3 ans après l’imputation.

En clair : si vous déduisez des travaux alors que vous n’avez pas encore de locataire, vous devez être capable de montrer que la location a bien été mise en place et maintenue ensuite. Dans le cas contraire, l’administration peut remettre en cause l’imputation sur le revenu global.

Cas 2 : le logement est vacant, mais mis en location

Deuxième cas assez courant : vous avez des locataires qui partent, puis plusieurs mois de vacance locative. Vous continuez à payer vos charges, vous engagez quelques travaux, mais aucun loyer ne tombe pendant plusieurs mois, voire toute l’année.

Dans ce cas, la vacance locative n’empêche , dès lors que :

Fiscalement, la notion clé reste encore une fois : le bien est-il réellement destiné à la location ? Si oui, un déficit foncier reste possible, même avec une année blanche en termes de loyers.

À l’inverse, si le bien reste vide sans aucune démarche de mise en location, ou si vous l’utilisez à titre personnel de manière occasionnelle, la déductibilité peut être contestée.

Cas 3 : résidence secondaire, logement à disposition ou usage personnel

Si le bien n’est pas loué et n’a pas vocation à l’être, la messe est dite : aucune déduction de charges dans la catégorie des revenus fonciers, et donc aucune création de déficit foncier possible.

C’est notamment le cas si :

Dans ces situations, les dépenses que vous engagez (travaux, taxe foncière, assurance, intérêts d’emprunt) ne sont pas déductibles au titre des revenus fonciers. Elles viennent simplement augmenter, le cas échéant, le prix de revient du bien pour le calcul de la plus-value en cas de revente (sous certaines conditions et pièces justificatives).

Chercher à “fabriquer” du déficit foncier en déclarant des charges sur un bien qui ne sera jamais loué revient à tendre le bâton pour se faire contrôler.

Cas 4 : attention à la confusion avec la location meublée

Important : le déficit foncier ne concerne que les locations nues relevant du régime des revenus fonciers. Dès que vous passez en meublé, vous basculez dans le régime des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), avec des règles totalement différentes.

En location meublée :

Si vous avez acheté un bien pour le louer meublé, les dépenses engagées avant la mise en location ne sont donc pas à déclarer dans la case “revenus fonciers”, mais dans la catégorie BIC, selon votre régime. Le vocabulaire change, les règles aussi.

Les conditions à respecter pour sécuriser un déficit foncier sans loyers

En résumé, un déficit foncier sans revenus locatifs est possible, mais uniquement dans un cadre bien précis :

Si ces conditions ne sont pas remplies, l’administration est en droit :

C’est particulièrement vrai pour les gros travaux : plus les montants sont élevés, plus le risque de contrôle augmente.

Exemple chiffré : travaux avant mise en location

Imaginons le cas de Julien, qui achète en 2025 un appartement destiné à être loué nu. Il réalise d’importants travaux avant la première location.

En 2025, il encaisse 0 € de loyers, mais paie :

Ses charges totales s’élèvent donc à 30 200 €. Il n’a aucun revenu foncier en 2025, donc son déficit foncier est de 30 200 €.

Traitement fiscal :

Condition essentielle : Julien doit effectivement mettre le bien en location nue et le maintenir loué pendant au moins 3 ans après l’imputation des 10 700 € sur son revenu global. S’il renonce au projet de location, ou s’il vend trop tôt, l’administration peut reprendre l’avantage fiscal.

Les impacts fiscaux à long terme : ce qu’il faut anticiper

Avant de chercher à maximiser votre déficit foncier, il est utile de penser à moyen et long terme.

Voici quelques points de vigilance :

L’idée n’est pas de renoncer au déficit foncier, loin de là, mais d’éviter de l’utiliser comme un outil isolé. Il doit s’inscrire dans une stratégie patrimoniale cohérente : durée de détention envisagée, besoins de revenus, perspective de travaux futurs, etc.

Comment se protéger en cas de contrôle ?

Si vous créez un déficit foncier sans revenus locatifs l’année considérée, il est prudent de constituer un “dossier de preuves” montrant clairement l’affectation du bien à la location.

Vous pouvez notamment conserver :

En cas de contrôle, ces éléments montreront que l’absence de loyers n’est pas liée à un usage personnel, mais à une phase transitoire avant ou entre des locations.

Faut-il chercher à “fabriquer” un déficit foncier à tout prix ?

Le déficit foncier est un puissant levier d’optimisation fiscale, surtout pour les contribuables fortement imposés. Mais utilisé de manière isolée, sans cohérence avec vos projets immobiliers, il peut se retourner contre vous.

Quelques bonnes pratiques pour terminer :

Créer un déficit foncier sans revenus locatifs est possible, mais uniquement lorsqu’il s’inscrit dans une vraie démarche d’investissement locatif nu. Plus votre projet est clair, documenté et cohérent, plus l’avantage fiscal sera solide… et moins vous aurez de mauvaises surprises en cas de contrôle.

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