Retraite moyenne agirc arrco : chiffres clés, évolution et enjeux assurantiels autour de la retraite moyenne agirc arrco

Retraite moyenne agirc arrco : chiffres clés, évolution et enjeux assurantiels autour de la retraite moyenne agirc arrco

Retraite moyenne Agirc-Arrco : pourquoi ce chiffre est-il si scruté ?

Quand on parle de retraite du secteur privé, on pense souvent à la retraite de base de la Sécurité sociale. Mais pour la plupart des salariés, le vrai nerf de la guerre, c’est la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Elle représente souvent entre 30 % et 50 % de la pension totale.

Comprendre la retraite moyenne Agirc-Arrco, son évolution et ses enjeux, c’est donc essentiel pour piloter son budget, ses placements… et ses contrats d’assurance.

Dans cet article, on va passer en revue :

  • les chiffres clés de la retraite moyenne Agirc-Arrco ;
  • les grandes tendances des dernières années ;
  • les impacts très concrets sur votre pouvoir d’achat futur ;
  • et les solutions assurantielles pour sécuriser votre niveau de vie.

Retraite moyenne Agirc-Arrco : où en est-on réellement ?

Les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur issus des statistiques Agirc-Arrco les plus récentes disponibles à fin 2023 (les chiffres précis peuvent évoluer légèrement chaque année).

1. Montant moyen brut mensuel

En moyenne, la pension complémentaire Agirc-Arrco s’élève à environ 330 € bruts par mois tous retraités confondus (hommes et femmes, carrières complètes ou fragmentées, temps partiel, etc.).

Ce chiffre est souvent vécu comme une surprise : on s’attend à bien plus. Mais il reflète aussi toutes les carrières hachées, les temps partiels, les bas salaires et les périodes de chômage.

2. Pour une carrière complète dans le privé

Pour un salarié ayant effectué une grande partie de sa carrière dans le privé, à temps plein et avec un salaire moyen correct, la retraite complémentaire peut plutôt tourner entre 500 et 800 € bruts par mois. Tout dépend :

  • du niveau de salaire ;
  • de la durée de cotisation ;
  • du secteur d’activité ;
  • de l’exposition au temps partiel ou aux interruptions de carrière.

3. Écarts hommes / femmes

Sans surprise, les écarts se retrouvent aussi dans la complémentaire :

  • les hommes perçoivent en moyenne une pension complémentaire plus élevée ;
  • les femmes sont pénalisées par les interruptions de carrière, le temps partiel et certains plafonds de rémunération.

Résultat : pour de nombreuses femmes, la retraite complémentaire ne compense pas suffisamment une retraite de base déjà plus faible.

Comment est calculée la retraite moyenne Agirc-Arrco ?

Pour bien comprendre les chiffres, il faut revenir au mécanisme de base : le système par points.

1. Vous cotisez, vous accumulez des points

Chaque mois, une partie de votre salaire est soumise à cotisation Agirc-Arrco (part salariale + part patronale). Ces cotisations sont converties en points :

  • Plus votre salaire est élevé, plus vous cotisez ;
  • plus vous cotisez, plus vous obtenez de points ;
  • chaque année, le prix d’acquisition du point est fixé par le régime.

2. À la retraite, vos points sont transformés en pension

Au moment de votre départ, le calcul est simple (en théorie) :

Pension annuelle Agirc-Arrco = Nombre total de points × Valeur de service du point

En 2023, la valeur de service du point Agirc-Arrco

10 000 × 1,35 € = 13 500 € bruts par an, soit environ 1 125 € bruts par mois.

3. Un chiffre moyen… qui masque des réalités très différentes

La retraite moyenne Agirc-Arrco est donc une moyenne globale. Elle est « tirée vers le bas » par :

  • les petites carrières salariées complétées par d’autres statuts (indépendants, fonction publique) ;
  • les carrières courtes dans le secteur privé ;
  • les interruptions non cotisées (inactivité longue, expatriation sans cotisation Agirc-Arrco, etc.).

C’est pourquoi il ne faut jamais prendre la moyenne comme une projection personnelle. Votre relevé de carrière Agirc-Arrco reste la seule base fiable pour estimer votre future pension complémentaire.

Évolution de la retraite moyenne Agirc-Arrco : ce qui a changé ces dernières années

La retraite moyenne Agirc-Arrco ne se contente pas de suivre l’inflation. Plusieurs réformes et mécanismes ont pesé sur son évolution réelle.

1. La fusion Agirc-Arrco et la fin de la distinction cadres / non-cadres

Depuis 2019, l’Agirc (cadres) et l’Arrco (tous salariés) ont fusionné. Résultat :

  • un régime unifié pour l’ensemble des salariés du privé ;
  • une lecture plus simple des points pour les assurés ;
  • mais aussi des règles harmonisées qui ont pu modifier la trajectoire de certains profils (notamment anciens cadres).

2. La sous-indexation temporaire

Pendant plusieurs années, pour préserver l’équilibre financier du régime, la revalorisation des points a été inférieure à l’inflation. Cela a eu deux conséquences :

  • une érosion discrète du pouvoir d’achat des retraités existants ;
  • une limitation de la hausse de la pension moyenne.

Depuis, les revalorisations ont été plus dynamiques (plus proches, voire légèrement supérieures à l’inflation sur certaines années), mais le « retard » accumulé n’est pas totalement effacé.

3. Le bonus-malus (coefficient de solidarité)

Introduit pour inciter à travailler plus longtemps, le coefficient de solidarité (parfois appelé « malus temporaire ») a consisté, pour certains assurés, en une minoration de la pension complémentaire pendant 3 ans en cas de départ à l’âge légal sans report.

Même si des aménagements ont été introduits et que le dispositif a vocation à évoluer, ce mécanisme illustre une tendance : sortir pile au moment où l’on a tous ses trimestres n’est plus toujours optimal sur le plan financier.

4. L’impact des carrières de plus en plus fragmentées

Le marché du travail s’est transformé : plus de CDD, de périodes de chômage, de transitions, d’auto-entrepreneuriat. Ces parcours moins linéaires :

  • génèrent parfois moins de points Agirc-Arrco qu’une carrière salariée classique à temps plein ;
  • alimentent des pensions complémentaires plus modestes, et donc une baisse tendancielle de la moyenne, ou a minima un frein à sa progression.

Que signifie concrètement une retraite moyenne Agirc-Arrco à 330 € ?

330 € bruts mensuels de complémentaire, cela peut paraître anodin… ou au contraire essentiel. Tout dépend de votre situation globale.

1. Un complément souvent indispensable

Pour un salarié ayant principalement cotisé au régime général, la retraite totale se compose :

  • de la retraite de base (Sécurité sociale) ;
  • de la retraite complémentaire Agirc-Arrco.

La complémentaire peut représenter :

  • 30 % à 50 % de la pension globale pour les salariés moyens ou supérieurs ;
  • parfois moins, mais rarement négligeable, pour les bas salaires.

2. Budget quotidien : quelques exemples concrets

Dans la vie réelle, 330 € par mois, c’est par exemple :

  • un loyer social ou une partie de charges de copropriété ;
  • une complémentaire santé + une assurance habitation + une partie des dépenses alimentaires ;
  • ou le budget énergétique : électricité + gaz + carburant.

Autrement dit, la complémentaire finance souvent un poste entier du budget. La sous-estimer, c’est prendre le risque de ne pas anticiper un manque à gagner important.

3. Le cas de Sophie, 62 ans

Sophie, cadre dans une PME, envisage de partir dès qu’elle aura tous ses trimestres pour la retraite de base. En simulant sur son espace Agirc-Arrco, elle découvre :

  • une retraite de base estimée à environ 1 200 € bruts ;
  • une complémentaire Agirc-Arrco d’environ 700 € bruts, soit près de 37 % de sa pension totale.

En partant un an plus tard, elle pourrait :

  • éviter un éventuel malus temporaire ;
  • acquérir quelques centaines de points supplémentaires ;
  • et améliorer sa pension complémentaire de façon durable.

Une année de plus à travailler peut alors sécuriser plusieurs dizaines d’euros de retraite mensuelle à vie.

Les enjeux assurantiels autour de la retraite moyenne Agirc-Arrco

Face à une retraite moyenne complémentaire modeste et à un contexte incertain (réformes, inflation, marché du travail), l’assurance et l’épargne longue jouent un rôle clé.

1. Anticiper l’écart entre revenu d’activité et pension

La plupart des actifs constatent un écart de 30 % à 50 % entre leur dernier salaire net et leur future pension globale (base + complémentaire). Cet écart peut être comblé, au moins en partie, par :

  • l’assurance-vie : outils de capitalisation souples, avec possibilité de sortie en rente ou en capital ;
  • le Plan d’Épargne Retraite (PER) : versements déductibles dans certaines limites, fiscalité adaptée à la retraite ;
  • les contrats retraite d’entreprise (PER collectif, PER obligatoire, intéressement, participation) ;
  • l’investissement immobilier locatif, à manier avec prudence (endettement, vacance locative, fiscalité).

2. Se protéger contre les aléas de santé à la retraite

Une retraite moyenne Agirc-Arrco relativement modeste rend chaque euro de dépense encore plus sensible. Or, les dépenses de santé tendent à augmenter avec l’âge :

  • Complémentaire santé senior : adaptée aux besoins spécifiques (optique, dentaire, hospitalisation, soins courants renforcés) ;
  • Assurance dépendance : pour couvrir tout ou partie du coût d’une perte d’autonomie, souvent très supérieur à la pension totale (base + complémentaire) ;
  • Prévoyance individuelle (avant la retraite) : pour éviter une chute brutale de revenus en cas d’invalidité ou d’arrêt long avant l’âge de départ.

3. Assurance emprunteur et retraite : un duo souvent sous-estimé

De plus en plus de ménages remboursent un crédit immobilier au-delà de 60 ans. Quand la pension totale (dont la complémentaire) est modeste, le poids de la mensualité peut vite devenir insoutenable.

D’où l’importance :

  • d’anticiper la fin du crédit avant ou peu après le départ à la retraite ;
  • de renégocier l’assurance emprunteur quand c’est pertinent pour alléger les cotisations ;
  • de vérifier que l’on reste assurable en cas de rachat ou de regroupement de crédits, en tenant compte de l’âge et de l’état de santé.

4. Transmission de patrimoine : le rôle de l’assurance-vie

Si votre retraite moyenne Agirc-Arrco est correcte mais que vous craignez de ne pas pouvoir aider vos enfants ou petits-enfants, l’assurance-vie reste un outil de choix :

  • constitution progressive d’un capital pendant la vie active ;
  • complément de revenu possible à la retraite (rachats partiels programmés) ;
  • transmission avantageuse sur le plan fiscal, surtout si les versements sont effectués avant 70 ans.

Comment améliorer sa future retraite complémentaire Agirc-Arrco ?

La retraite moyenne est une donnée macro. Votre marge de manœuvre individuelle existe, même si elle est parfois limitée par votre parcours professionnel.

1. Vérifier régulièrement son relevé de points

Sur votre espace personnel Agirc-Arrco, vous pouvez consulter :

  • votre relevé de situation individuelle ;
  • vos points accumulés chaque année ;
  • d’éventuelles anomalies (périodes manquantes, erreurs de salaire pris en compte).

Ne pas vérifier, c’est accepter le risque de perdre des droits… définitivement.

2. Simuler différents âges de départ

En jouant sur plusieurs paramètres (âge de départ, poursuite d’activité, cumul emploi-retraite), vous pouvez :

  • mesurer l’impact d’un départ plus tardif ;
  • évaluer les effets des coefficients de solidarité (malus/bonus selon les générations) ;
  • tester l’intérêt financier de rester un an de plus ou de partir plus tôt.

L’écart de pension complémentaire peut être significatif sur toute la durée de la retraite.

3. Agir sur les années restantes d’activité

Plus vous êtes loin de la retraite, plus les leviers sont nombreux :

  • chercher, quand c’est possible, à stabiliser un emploi salarié (par rapport à des périodes sans cotisation) ;
  • négocier un temps plein ou un temps partiel mieux rémunéré ;
  • profiter d’accords d’épargne salariale (PER d’entreprise, abondements patronaux) quand votre employeur en propose.

4. Compléter par une stratégie d’épargne retraite

Personne n’est obligé de se contenter de la retraite moyenne Agirc-Arrco. Vous pouvez mettre en place une stratégie à plusieurs étages :

  • épargne de précaution (livrets) pour les imprévus ;
  • épargne de moyen-long terme (assurance-vie, PER, immobilier) pour générer du revenu complémentaire à la retraite ;
  • arbitrages progressifs vers des supports moins risqués à l’approche du départ.

Retraite moyenne Agirc-Arrco : à retenir pour vos décisions d’assurance et de budget

La retraite moyenne Agirc-Arrco autour de 330 € bruts par mois masque une très grande diversité de situations. Selon votre parcours, votre pension complémentaire pourra être bien plus élevée… ou sensiblement inférieure.

Les tendances lourdes (carrières morcelées, enjeux d’équilibre du régime, inflation) plaident pour une attitude proactive :

  • suivre régulièrement vos droits sur votre espace Agirc-Arrco ;
  • simuler différents scénarios de départ pour ajuster votre stratégie ;
  • intégrer votre future retraite complémentaire dans votre plan de budget global à la retraite ;
  • mobiliser les bons outils assurantiels : complémentaire santé, dépendance, assurance-vie, PER, assurance emprunteur, etc.

En somme, la retraite moyenne Agirc-Arrco n’est pas une fatalité, mais un repère. Plus vous anticipez, plus vous avez de chances de transformer ce repère statistique en retraite réellement adaptée à votre niveau de vie souhaité.