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Usufruit barème : comment lire et utiliser l’usufruit barème pour optimiser donation, succession et assurance vie

Usufruit barème : comment lire et utiliser l’usufruit barème pour optimiser donation, succession et assurance vie

Usufruit barème : comment lire et utiliser l’usufruit barème pour optimiser donation, succession et assurance vie

Le mot « usufruit » fait souvent lever les yeux au ciel. On pense tout de suite à des montages compliqués, à des notaires, à des tableaux obscurs. Pourtant, derrière ce terme un peu austère se cache un outil très efficace pour optimiser donation, succession… et même assurance vie.

Le cœur de cette mécanique, c’est le fameux barème fiscal de l’usufruit. Bien le comprendre, c’est savoir répondre à des questions très concrètes : combien va-t-on payer de droits de donation ou de succession ? Quelle part fiscale représente l’usufruitier, et quelle part représente le nu-propriétaire ? Comment s’en servir pour transmettre dans de bonnes conditions ?

Dans cet article, on va décoder ensemble ce barème, voir comment le lire sans mal de tête, et surtout comment l’utiliser à votre avantage dans trois situations clés : donation, succession et assurance vie.

Usufruit, nue-propriété, pleine propriété : le rappel indispensable

Avant de parler barème, revenons deux minutes sur les bases. Un bien (immobilier, portefeuille titres, parts de SCPI, etc.) peut être décomposé en deux droits distincts :

La pleine propriété, c’est simplement la réunion de l’usufruit et de la nue-propriété.

Le démembrement de propriété consiste à séparer ces deux droits. C’est notamment utilisé :

Le fisc doit alors répondre à une question : si la pleine propriété vaut 100, quelle est la valeur de l’usufruit ? de la nue-propriété ? C’est là qu’intervient le barème de l’usufruit.

Le barème fiscal de l’usufruit : comment ça marche ?

Le barème de l’usufruit est défini à l’article 669 du CGI (Code général des impôts). Il permet d’attribuer une valeur fiscale à l’usufruit et à la nue-propriété, en pourcentage de la valeur de la pleine propriété.

Deux types d’usufruit existent :

Nous allons nous concentrer sur l’usufruit viager, puis dire un mot de l’usufruit temporaire.

Le barème de l’usufruit viager par âge

Pour un usufruit viager, la valeur dépend de l’âge de l’usufruitier au jour de la donation ou au jour du décès (pour la succession). Plus l’usufruitier est jeune, plus son usufruit vaut cher, car il a une espérance de vie plus longue.

Voici le barème légal (valeurs en % de la pleine propriété) :

Ce barème est purement fiscal. Dans la réalité économique, la valeur de l’usufruit pourrait être différente, mais pour calculer les droits de donation, de succession ou certains impôts, c’est ce barème qui s’impose.

Concrètement, si votre maison vaut 400 000 € et que vous avez 68 ans, le fisc considère que :

Ce sont ces montants qui servent de base aux impôts dus lors d’une donation ou d’une succession.

Et pour l’usufruit temporaire ?

Pour un usufruit qui ne dure pas toute la vie mais un nombre d’années déterminé, la valorisation est différente. Le fisc retient alors :

Par exemple, pour un usufruit temporaire de :

Ce type de montage est souvent utilisé pour isoler temporairement des revenus (par exemple au profit d’un enfant qui a besoin de revenus sur une période donnée) ou dans certains montages patrimoniaux plus avancés.

Comment utiliser le barème pour optimiser une donation ?

La donation en nue-propriété tout en conservant l’usufruit est un grand classique de la transmission patrimoniale. L’intérêt ? Transmettre à moindre coût, grâce au barème.

Imaginons la situation suivante :

Vous avez 65 ans et possédez un appartement estimé à 300 000 €. Vous souhaitez en donner la nue-propriété à vos deux enfants, tout en gardant l’usufruit pour continuer à percevoir les loyers.

À 65 ans, le barème fixe :

Fiscalement :

Les abattements en ligne directe (parents → enfants) sont aujourd’hui de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans. Résultat :

Au décès du parent, l’usufruit s’éteint, et les enfants récupèrent la pleine propriété sans payer de droits supplémentaires. C’est la magie (légale) du démembrement.

Ce que permet le barème, c’est donc :

Attention toutefois : plus on est jeune au moment de la donation, plus la nue-propriété vaut cher fiscalement. Il faut donc trouver un juste équilibre : ne pas donner trop tard (pour étaler la transmission), mais pas non plus trop tôt si l’on veut que la décote de la nue-propriété reste intéressante.

Succession : comment le barème intervient pour le conjoint et les enfants

Lors d’une succession, le démembrement joue un rôle central dans la répartition entre conjoint survivant et enfants. Le conjoint peut choisir, sous conditions, entre :

Si le conjoint opte pour l’usufruit, les enfants reçoivent la nue-propriété. Le barème permet alors de valoriser les droits de chacun pour calculer les droits de succession.

Exemple : Monsieur décède à 75 ans, laisse son épouse de 73 ans et deux enfants. Le patrimoine est de 600 000 €, soumis aux règles françaises. Madame choisit l’usufruit sur l’ensemble.

À 73 ans, le barème fixe :

Sur les 600 000 € :

Dans les faits :

Au décès de Madame, l’usufruit s’éteint et les enfants récupèrent automatiquement la pleine propriété, sans taxation supplémentaire sur ce transfert d’usufruit en nue-propriété.

Le barème de l’usufruit est donc crucial pour :

Assurance vie : clause bénéficiaire démembrée et barème de l’usufruit

L’assurance vie est un outil très souple pour transmettre un capital en dehors de la succession, avec un cadre fiscal avantageux. On peut aller plus loin en utilisant une clause bénéficiaire démembrée.

Principe : vous désignez par exemple :

Au décès de l’assuré, le capital est versé au conjoint usufruitier, qui peut l’utiliser librement (dans le cadre d’un quasi-usufruit), mais il naît en parallèle au profit des enfants une créance de restitution : à son décès, ce qui restera devra revenir aux nus-propriétaires (les enfants).

Où intervient le barème ? Dans la répartition fiscale du capital entre usufruitier et nus-propriétaires, pour l’application des taxations propres à l’assurance vie (notamment l’article 990 I du CGI pour les versements avant 70 ans).

Exemple simplifié :

Vous avez 70 ans et un contrat d’assurance vie avec un capital de 400 000 €. La clause prévoit : « Mon conjoint en usufruit, mes deux enfants en nue-propriété, par parts égales ».

À 70 ans, le barème viager fixe :

Fiscalement, le capital se ventile ainsi :

La fiscalité de l’assurance vie s’applique à chacun en fonction de sa part. Le conjoint bénéficie le plus souvent d’une exonération totale (selon les règles de l’assurance vie), tandis que les enfants profitent des abattements par bénéficiaire, puis éventuellement d’une taxation au taux spécifique assurances vie.

Le barème de l’usufruit devient donc un outil technique mais puissant pour :

En pratique, ce type de montage doit être soigneusement rédigé avec l’aide d’un notaire ou d’un conseil patrimonial, pour éviter les zones grises (suivi du quasi-usufruit, créance de restitution, information des enfants, etc.).

Usufruit barème et impôts : quelques points à ne pas oublier

Le barème de l’usufruit ne sert pas que pour les donations et successions. On le retrouve dans d’autres domaines fiscaux, par exemple :

C’est donc un outil omniprésent dès lors que l’on touche au démembrement de propriété, même de façon indirecte.

Quelques bonnes pratiques pour utiliser l’usufruit barème intelligemment

Avant de se lancer dans le démembrement à tout-va, quelques réflexes simples permettent d’éviter les mauvaises surprises :

Bien utilisé, le barème de l’usufruit est un outil puissant pour alléger la facture fiscale, organiser la transmission en douceur et protéger les proches. Mal utilisé, il peut créer des blocages, des incompréhensions familiales ou des situations financières inconfortables (par exemple, un usufruitier très chargé en travaux sur un bien peu rentable).

La clé, c’est donc de le voir non pas comme un simple tableau poussiéreux, mais comme un levier de pilotage de votre patrimoine. Une fois qu’on a compris comment le lire, chaque âge, chaque pourcentage ouvre ou ferme certaines opportunités… à condition de les saisir au bon moment.

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