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Usufruit travaux : qui paie quoi et comment assurer le bien en cas d’usufruit travaux

Usufruit travaux : qui paie quoi et comment assurer le bien en cas d’usufruit travaux

Usufruit travaux : qui paie quoi et comment assurer le bien en cas d’usufruit travaux

Vous êtes usufruitier d’un bien immobilier, ou nu-propriétaire, et vous devez engager des travaux ? Entre qui paie quoi, quelles réparations incombent à qui, et surtout comment assurer correctement le bien pendant et après les travaux… il y a de quoi se perdre.

Rassurez-vous, le Code civil donne un cadre clair (même s’il est parfois un peu tordu à l’usage). On va le décortiquer ensemble, avec des exemples concrets et des conseils pratiques pour éviter les mauvaises surprises, y compris côté assurance habitation.

Petit rappel : usufruit, nue-propriété… qui fait quoi ?

L’usufruit, c’est le droit d’utiliser un bien et d’en percevoir les revenus (par exemple les loyers) sans en être pleinement propriétaire. La nue-propriété, c’est le « reste » de la propriété : le nu-propriétaire est propriétaire des murs, mais sans en avoir l’usage immédiat.

On peut résumer ainsi :

À partir de là, la logique du législateur est assez simple : celui qui profite du bien paie les dépenses courantes, celui qui détient le « capital » du bien paie ce qui touche à la structure et à la valeur de long terme. Mais dans les faits… la frontière n’est pas toujours évidente, surtout pour les travaux.

Travaux courants, grosses réparations : qui paie quoi ?

Le Code civil distingue deux grandes catégories de charges sur un bien démembré :

Entrons dans le détail.

Les travaux à la charge de l’usufruitier

L’usufruitier doit prendre en charge toutes les dépenses d’entretien et de réparations courantes. En clair, il doit maintenir le logement en bon état d’usage.

À la charge de l’usufruitier, on retrouve par exemple :

Logique : l’usufruitier profite du bien, il l’use, il en assure l’entretien courant.

Exemple : votre chaudière gaz de 15 ans lâche. La remplacer par un modèle aux caractéristiques équivalentes relève en principe des réparations d’entretien. L’usufruitier doit payer.

Les grosses réparations à la charge du nu-propriétaire

Les grosses réparations sont définies par l’article 606 du Code civil. Il s’agit des travaux lourds touchant à la structure du bâtiment :

La jurisprudence a complété cette liste. À la charge du nu-propriétaire, on compte en pratique :

Exemple : le diagnostic révèle une charpente attaquée par les insectes xylophages et une toiture à refaire intégralement. Ces travaux impactent la structure du bâtiment : ils relèvent des grosses réparations, donc du nu-propriétaire.

Attention toutefois : si ces travaux deviennent nécessaires parce que l’usufruitier a négligé l’entretien, celui-ci peut devoir rembourser une partie des coûts au nu-propriétaire. Ne pas entretenir le bien peut donc coûter cher à l’usufruitier…

Et les travaux d’amélioration : qui s’y colle ?

Les travaux d’amélioration (ceux qui augmentent le confort ou la valeur du bien sans être strictement nécessaires pour le maintenir en état) ne sont pas expressément prévus par la loi. Il faut donc raisonner au cas par cas.

On parle de travaux d’amélioration lorsque :

Juridiquement, deux logiques s’affrontent :

Dans la pratique, ces travaux font souvent l’objet d’un accord amiable :

Bon réflexe : formalisez cet accord par écrit (courrier co-signé, protocole simple), surtout si les montants sont significatifs. Cela évite les discussions au moment de la fin de l’usufruit, quand chacun a une mémoire très… sélective.

Usufruit et travaux : comment assurer le bien au quotidien ?

Au-delà du « qui paie quoi », un point est souvent mal compris : qui doit assurer le bien en usufruit ?

Le principe est le suivant :

On distingue donc généralement :

Les assureurs ont l’habitude de ces situations de démembrement. L’essentiel est de déclarer clairement la répartition nue-propriété / usufruit pour éviter tout litige au moment d’un sinistre.

Qui est indemnisé en cas de sinistre ?

En cas de dégât des eaux, d’incendie ou d’autre dommage :

En pratique, pour simplifier, beaucoup de contrats prévoient un versement à l’usufruitier « pour le compte de qui il appartiendra », l’usufruitier ayant l’obligation de réaliser les travaux nécessaires. Là encore, la transparence entre usufruitier, nu-propriétaire et assureur est la clé.

Travaux importants : quelles assurances pendant le chantier ?

Lorsque vous engagez des travaux lourds sur un bien en usufruit (rénovation complète, extension, modifications structurelles…), la question ne se limite plus à la MRH classique. Il faut penser :

Qui est maître d’ouvrage : usufruitier ou nu-propriétaire ?

Le maître d’ouvrage est celui qui commande et finance les travaux, signe les devis et contrats avec les entreprises. Il peut être :

Pourquoi c’est important ? Parce que le maître d’ouvrage porte une responsabilité civile en qualité de commanditaire des travaux. En cas de dommage causé à un voisin, à un tiers, à la voirie pendant les travaux, sa responsabilité pourra être recherchée.

Il est donc essentiel que :

Assurance dommages-ouvrage : utile en démembrement ?

Pour les travaux de construction, extension, surélévation ou rénovation lourde touchant à la structure, la souscription d’une assurance dommages-ouvrage (DO) est vivement recommandée (et légalement obligatoire pour certaines opérations).

Cette assurance permet d’obtenir une indemnisation rapide en cas de désordres graves compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination, sans attendre la décision de justice sur les responsabilités.

En cas de démembrement :

Sur ce type de montage, il peut être très utile de passer par un courtier en assurance spécialisé, habitué aux schémas immobiliers complexes.

Usufruit, travaux et location : qui fait quoi quand le bien est loué ?

Autre cas fréquent : l’usufruitier ne vit pas dans le logement, il le met en location. Dans ce cas :

Côté assurance :

Il est souhaitable que le bail mentionne explicitement la situation de démembrement, et que les numéros de contrats d’assurance (locataire, PNO) soient bien identifiés et conservés par chacun.

Que se passe-t-il si aucun accord n’est prévu dans l’acte de donation ou la succession ?

Dans beaucoup de cas, le démembrement de propriété résulte d’une succession ou d’une donation avec réserve d’usufruit. L’acte peut préciser une répartition spécifique des travaux et des charges… ou rester silencieux.

Si rien n’est prévu :

Bon à savoir : si vous envisagez de gros travaux (rénovation énergétique, transformation lourde, division en plusieurs lots…), il peut être judicieux de faire rédiger une convention de démembrement complémentaire par un notaire, détaillant :

Quelques exemples concrets pour s’y retrouver

Exemple 1 : réfection complète de la salle de bains

La salle de bains est vétuste, mais fonctionnelle. L’usufruitier souhaite tout refaire, avec une belle douche à l’italienne.

Exemple 2 : infiltration d’eau, toiture à reprendre

Des infiltrations d’eau apparaissent au dernier étage. Le diagnostic montre que la toiture est en fin de vie et qu’une réfection quasi complète est nécessaire.

Exemple 3 : grosse rénovation énergétique financée à deux

Usufruitier et nu-propriétaire décident ensemble de réaliser une rénovation énergétique globale : isolation par l’extérieur, fenêtres, système de chauffage performant.

Checklist pratique pour un projet de travaux en usufruit

Avant de vous lancer, vérifiez point par point :

En matière d’usufruit et de travaux, l’objectif n’est pas seulement de respecter le Code civil, mais surtout de prévenir les conflits entre usufruitier et nu-propriétaire… tout en protégeant correctement le bien par une assurance adaptée. Avec un peu d’anticipation et quelques conseils spécialisés, on évite beaucoup de mauvaises surprises, tant financières que familiales.

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