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Versement perp apres retraite : intérêt, fiscalité et stratégies d’arbitrage pour un versement perp apres retraite

Versement perp apres retraite : intérêt, fiscalité et stratégies d’arbitrage pour un versement perp apres retraite

Versement perp apres retraite : intérêt, fiscalité et stratégies d’arbitrage pour un versement perp apres retraite

Peut-on encore verser sur un PERP une fois à la retraite ? Est-ce intéressant fiscalement ? Et surtout, comment arbitrer intelligemment entre versement, sortie en capital, rente, transfert vers un PER… sans se faire piéger ?

Si vous avez ouvert un PERP avant la réforme PACTE, il fait probablement encore partie de votre patrimoine, même si vous êtes déjà à la retraite. Et ce contrat, souvent oublié au fond d’un classeur, peut encore être un outil d’optimisation… ou une fausse bonne idée selon votre situation.

Dans cet article, on fait le point, concrètement, sur le versement PERP après retraite : intérêt, fiscalité et stratégies d’arbitrage pour décider, en connaissance de cause, ce que vous faites de ce vieux contrat.

PERP, PER… bien comprendre le cadre avant de verser après la retraite

Depuis la loi PACTE, le PERP n’est plus commercialisé, remplacé par le PER individuel. Mais :

Deux points à bien distinguer :

1. Être “à la retraite” au sens de votre vie (vous ne travaillez plus, vous touchez une pension) n’est pas toujours la même chose qu’avoir liquidé tous vos régimes de retraite (régime général, complémentaires, etc.).

2. Le moment clé pour le PERP, c’est la liquidation de vos droits à la retraite. En pratique :

Autrement dit : si vous êtes “jeune retraité”, en cumul emploi-retraite par exemple, il n’est pas rare d’avoir encore une fenêtre de tir pour verser. Mais avant de signer un chèque, il faut mesurer l’intérêt réel… et comparer avec une autre option souvent plus souple : le transfert vers un PER individuel.

Pourquoi envisager un versement sur un PERP après la retraite ?

On pourrait se dire : “Je suis à la retraite, je n’ai plus besoin de préparer ma retraite”. Ce n’est pas si simple. Le PERP reste avant tout un outil de défiscalisation et de lissage de revenus. Même après la retraite, il peut servir dans plusieurs cas.

Intérêt n°1 : réduire l’impôt aujourd’hui

Les versements sur PERP sont, en principe, déductibles de vos revenus imposables, dans la limite de vos plafonds fiscaux.

Si :

alors un versement sur PERP peut :

Exemple simplifié : vous avez 20 000 € de revenus fonciers et une pension totale de 30 000 €. Avec le reste de vos revenus, vous êtes dans la tranche à 30 %. Un versement de 5 000 € sur votre PERP vous donne, potentiellement :

Vous échangez donc 5 000 € disponibles maintenant contre 5 000 € bloqués jusqu’à la sortie… mais avec 1 500 € d’impôt économisés en prime.

Intérêt n°2 : arbitrer entre taux d’imposition actuel et futur

Le cœur du raisonnement est toujours le même :

alors le PERP peut vous permettre de :

C’est ce “différentiel de taux” qui crée le gain réel.

Intérêt n°3 : préparer une rente sécurisée pour plus tard

Contrairement à un PER individuel (qui permet plus facilement les sorties en capital), le PERP est historiquement orienté vers la rente viagère.

Selon votre profil, vous pouvez voir ça comme :

Pour certains retraités, l’idée d’un “troisième étage” de retraite, totalement garanti, est rassurante. Dans ce cas, continuer à verser sur un PERP, pour augmenter le montant de la rente future, peut avoir du sens… à condition que la fiscalité suive.

Fiscalité des versements et de la sortie après retraite

Passons en revue ce que l’administration fiscale pense de tout ça.

La déduction des versements

Les versements sur PERP restent en principe déductibles de votre revenu net global, dans la limite :

Problème fréquent à la retraite : vous n’avez plus, ou très peu, de revenus professionnels. Heureusement, vous bénéficiez du plafond minimum (10 % du PASS), et vous pouvez aussi utiliser :

D’où l’importance d’aller jeter un œil sur votre avis d’imposition : la rubrique “Plafond épargne retraite” vous donne précisément vos marges de manœuvre.

La fiscalité à la sortie : le revers de la médaille

C’est là que beaucoup découvrent la “surprise PERP” au moment de la retraite.

À cela s’ajoute la fiscalité des produits, qui peut varier selon la nature du contrat (assurantiel, bancaire, unités de compte, etc.).

Et si vous transférez vers un PER individuel ?

C’est un scénario souvent très pertinent avant de faire un dernier versement :

Avant de verser après la retraite, il peut donc être judicieux de se demander : “Ne vaut-il pas mieux verser sur un PER individuel plutôt que sur un PERP resté tel quel ?”

Versement PERP après retraite : dans quels cas c’est intéressant ?

Tout le monde n’est pas gagnant avec un versement tardif sur un PERP. Voici les profils pour lesquels cela peut encore avoir du sens.

C’est souvent pertinent si :

Dans ce cas, le gain fiscal peut être réel, surtout si vous :

En revanche, cela a peu d’intérêt si :

Dans ces cas-là, l’assurance-vie, le PEA ou même un simple compte-titres peuvent être plus souples et mieux adaptés à votre horizon de vie.

Stratégies d’arbitrage : comment utiliser intelligemment un PERP après la retraite ?

Si votre situation semble compatible avec un versement après retraite, voici quelques pistes de stratégie.

1. Vérifier d’abord l’intérêt d’un transfert vers PER individuel

Avant tout nouveau versement, posez-vous la question :

Si la réponse est “oui, j’aimerais avoir le choix du capital”, un transfert vers un PER individuel avant de nouveaux versements peut :

2. Caler les versements sur votre TMI

L’idée : verser aux années où votre TMI est le plus élevé, en profitant pleinement de la déduction. Par exemple :

Inversement, si vous anticipez déjà un passage dans une tranche plus basse dès l’an prochain, mieux vaut parfois s’abstenir, ou verser peu.

3. Étaler les sorties pour éviter l’explosion fiscale

Que ce soit via PERP ou PER, la sortie en rente ou capital doit être réfléchie :

L’arbitrage idéal : simuler plusieurs scénarios (avec un simulateur d’impôt ou avec l’aide d’un conseiller) pour comparer :

4. Ne pas tout miser sur l’épargne retraite

Même si le gain fiscal est séduisant, garder une part significative de votre épargne sur des supports :

reste essentiel. Un PERP (ou un PER) est une enveloppe spécialisée retraite, pas un substitut à votre épargne de précaution.

Études de cas : quand le versement après retraite fonctionne… ou pas

Cas n°1 : Jean, 63 ans, jeune retraité en cumul emploi-retraite

Pour Jean, verser 5 000 € sur son PERP ou, mieux, sur un PER individuel après transfert, va :

Ici, la stratégie peut être pertinente, surtout si Jean sait qu’il arrêtera totalement son activité dans 2–3 ans, avec une baisse de revenus (et donc d’imposition).

Cas n°2 : Monique, 72 ans, retraite modeste et peu imposée

Pour Monique, un versement sur PERP après la retraite n’a quasiment aucun intérêt :

Dans son cas, il vaut mieux privilégier :

Points de vigilance avant de décider un versement après retraite

Quelques éléments souvent sous-estimés :

L’idée n’est pas de diaboliser le PERP, mais de rappeler que c’est un outil technique qui demande une vraie stratégie, surtout après la retraite.

Comment trancher : les bonnes questions à se poser

Avant tout versement PERP après retraite, posez-vous, noir sur blanc, les questions suivantes :

Si vous hésitez encore après cet exercice, n’hésitez pas à :

Un versement PERP après retraite peut être une très bonne idée… ou complètement inutile. Tout dépend de votre TMI, de vos besoins en liquidités et de votre stratégie de sortie (rente, capital, transmission). L’essentiel est de ne pas laisser ce contrat “vivre sa vie” dans un tiroir : mieux vaut en faire un choix clair, assumé et aligné avec vos objectifs de retraite et de patrimoine.

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